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Chargeurs et transporteurs : tous prêts pour l'Ecotaxe ? - FAQ Logistique

  INTERVIEW

‘‘Nous avons un rôle d’information et de conseil à tenir auprès de nos clients et transporteurs’’ D. MAZIERE , GEFCO

Dominique MAZIERE Responsable Transport France GEFCO

Interview de Dominique MAZIERE, Responsable des Activités Transport Routier et Stockage France de GEFCO
Réalisée le 27/06/2013 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Chargeurs et transporteurs, tous prêts pour l’Ecotaxe ? ».



Quels seront les impacts économiques de l’écotaxe pour GEFCO ?

Nous avons estimé ces impacts à plus de 15 millions d’euros.

La Loi a dissocié le mode de collecte de l’utilisation des segments routiers. La répercussion se traduira de son côté par l’application de pourcentages de majoration aux prix de transport.
L’ensemble des acteurs de la profession et des chargeurs partage ainsi la même crainte. Comment arriver à trouver un équilibre entre ce qui sera dû et payé au titre de l’impôt et la réalité de ce qui sera réellement répercuté aux clients ?

Pour illustrer la complexité de l’appréhension de ces risques, prenons l’exemple de l’activité messagerie qui correspond environ à 1/3 de notre activité en France. Considérons une expédition au départ de Paris à destination de Calais : le client sera facturé selon un point de départ et un point d’arrivée, on sera donc sur de l’inter-régional avec un taux appliqué autour de 4.8%.

 En raisonnant sur la partie opérationnelle, nos transporteurs nous répercuterons de leur côté la taxe selon les modalités suivantes :

  • Sur Paris : 6.8% (Régional Ile de France)
  • Traction inter-régionale avec de la mixité de fret et de la mixité client taxé : 4.8%
  • Distribution finale : 6.2% (Régional Nord Pas de Calais)

On s’aperçoit de la difficulté et de la distorsion auxquelles nous sommes confrontés entre un taux global qui va s’affecter sur un contrat de transport avec un point de départ et un point d’arrivée et un mode d’exploitation qui lui travaille sur des variables plutôt régionales.

Au niveau global tout est moyenné afin de parvenir à un équilibre financier. Le CNR (NDLR : Comité National Routier) pour le compte du Ministère a fait tourner des algorithmes qui amènent à ces taux de répercussion. Cependant, si tout est équilibré au niveau national, ramené à l’entreprise, il est peu probable de retrouver un équilibre...



Quel est le niveau d’information de vos clients ?

  Autres contributions

Hélène KERJEAN, Akanea Développement
‘‘ On va demander aux entreprises de transport de devenir de véritables gestionnaires ’’

Philippe LASSAUCE, Axxès
‘‘ L’utilisation d’une SHT sera bénéfique pour la trésorerie des transporteurs ’’

Alain BORRI, bp2r
‘‘ L’introduction de cette taxe est l’occasion de remettre à plat l’organisation du transport ’’

Alain SAMSON, Hardis
‘‘ Un certain nombre de transporteurs et de chargeurs seront amenés à renégocier les tarifs transport en 2013 et 2014 ’’

Guillaume CUNTY, DKV
‘‘ Le choix d’une SHT dépend à la fois du type de boîtier et des services à valeur ajoutée que chacune va être en mesure de proposer ’’

Marc DALBARD, PTV Group
‘‘ Les transporteurs commencent à être maintenant bien informés au sujet de l’écotaxe, à contrario, les chargeurs partent de plus loin ’’

A lire également

Les derniers textes applicables ne sont toujours pas publiés. Le Conseil Constitutionnel a rendu un arrêté le 23 Mai suite à une attaque sur la non constitutionnalité de la Loi déposée par des Députés UMP.

Le jugement est très récent et on connaît depuis peu le mode différencié entre collecte et répercussion. Il était donc très difficile jusqu’à présent d’avancer concrètement sur le sujet avec nos clients.

L’inquiétude est partagée de part et d’autre. Nos principaux clients sont dans l’expectative et commencent simplement à appréhender le sujet.

Les grilles de répercussion ne sont d’ailleurs toujours pas publiées au Journal Officiel. Nous sommes donc encore dans des phases d’attente de concrétisation précise des taux d’application. Ces Publications devraient avoir lieu vers la mi-Juillet.

Nous allons donc pouvoir initier la démarche client. Cela arrive cependant à un moment difficile dans la mesure où les périodes de congés annuels commencent.

C’est finalement au mois de Septembre, avec une date d’application très proche, que les choses devraient se décanter. Si beaucoup de chargeurs en ont entendu parler, peu en connaissent aujourd’hui les modalités précises. Ils vont donc les découvrir à la rentrée.

Nous aurons un rôle d’information et de conseil à tenir auprès de nos clients. D’autant plus que la période correspondra aux projections budgétaires et que nos clients auront donc besoin de chiffrages précis.


 Concrètement, comment vos schémas/plans de transport vont-ils évoluer pour limiter ces impacts ?

Au niveau national, le Gouvernement a estimé un report vers les Autoroutes concédées à hauteur de 400 millions d’Euros. Cela représente un peu moins de 25% de l’enveloppe globale.

Pour nous, l’impact ne semble pas majeur. En passant d’un réseau nouvellement taxé (le réseau écotaxé) à un réseau déjà taxé (le réseau des autoroutes concédées), le delta est relativement faible. Les enjeux nous apparaissent donc peu évidents. Il y aura quelques ajustements mais pas de changements de fond.


Et au niveau des outils informatiques ?

Nous avons du faire évoluer nos systèmes d’information aussi bien dans la partie clients/vente que dans la partie gestion achats. Cependant, les tergiversations concernant l’application de l’écotaxe ont retardé nos développements informatiques. D’autre part, nous devrons faire face à des coûts induits relativement élevés.

A l’heure actuelle, nous n’avons pas encore travaillé sur des outils de simulation. Nous constatons cependant avec intérêt que des outils commencent à sortir sur le marché.

Dominique MAZIERE Responsable Transport France GEFCOComment avez-vous préparé la mise en place de cette nouvelle taxe dans la relation avec vos propres transporteurs?

La plus grosse partie de nos activités se fait en tant que commissionnaire. Nous travaillons en particulier avec des transporteurs réguliers, affiliés chez nous, avec qui nous sommes en contact permanent.

Leur inquiétude est forte d’autant plus que le marché est déjà tendu. De notre côté, nous avons l’obligation de les maintenir dans un bon état de santé. Nous les informons et les accompagnons pour que l’équilibre économique soit préservé. Nous avons cette obligation et nous l’assumons pleinement. Nous avons avec eux une relation de partenariat très forte.


Bio Express

Dominique MAZIERE a intégré le groupe GEFCO au début des années 1980. Il a en particulier exercé des fonctions opérationnelles dans le sud ouest de la France, de Direction d’agences (Normandie, Est France et Lyon), et de Direction Régionale (Sud Ouest et Ile de France).

Au milieu des années 2000, il intègre la Direction Générale de l’entreprise avec des missions touchant au transport sur la France puis des missions élargies corporate au niveau Europe sur les périmètres transport lots et messagerie.

Depuis quelques mois, il occupe désormais la responsabilité des activités du transport routier (messagerie et lots), multimodal et entreposage sur le périmètre France.

Site Internet de GEFCO : www.gefco.net


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