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INTERVIEW |
‘‘Notre solution Ketra permet de réduire les temps d’intégration’’ C.HUBERT et S.BRUNEL, Komoto
Interview
de Messieurs Christian Hubert et Stéphane Brunel,
Fondateurs de Komoto
Réalisée le 15/03/2013 par Frédéric LEGRAS,
Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre
du dossier thématique « L’innovation au cœur de
la logistique ».
Votre société propose la solution Ketra, outil d’optimisation des préparations de commandes. Présentez-nous son concept.
Christian Hubert: Pour développer cette solution, nous avons commencé par une analyse de la valeur partant d’éléments basiques qui sont autant d’éléments incontournables de notre métier : qualité, 0 erreur, productivité, etc.
Nous
sommes ensuite remontés sur des facteurs
de souplesse et d’évolutivité
d’un cadre de préparation de commandes.
Il s’agissait de répondre à
la question suivante : comment avoir un système
suffisamment souple permettant de changer du jour
au lendemain d’organisation ?
En effet, au fur et à mesure des implantations,
nous nous sommes rendu compte qu’il y avait
beaucoup de diversité dans les situations
rencontrées et qu’il convenait de
trouver les solutions autorisant des mises en
œuvre très courtes. Tout cela nous
a conduits à concevoir une solution pré
paramétrable.
Ketra permet en effet la spécialisation des différents modes de préparation (pick to light, colisage, etc.). Au-delà d’une souche commune structurelle, l’outil offre la possibilité de mettre en œuvre différents modes de préparation et même de les combiner. L’objectif est d’atteindre la meilleure adaptation de la préparation en terme d’efficacité par rapport :
- aux contraintes du client
- à ses profils de commandes
- et à ses règles de gestion (par rapport à une famille de produits, à la typologie des clients, etc.).
Nous mettons ainsi en œuvre un moteur de règles d’analyse de cas complètement configurable. Celui-ci permet à nos clients de bénéficier d’une grande souplesse pour la fabrication des lots de production ou la différenciation des préparations.
La possibilité de configuration complète des données associées aux commandes, offerte par Ketra permet de s’affranchir de temps d’intégration longs.
Vous proposez un prêt gratuit de votre solution (matériel et logiciel) pour une période d’un mois. Qu’est ce qui vous a amené à mettre en place cette politique commerciale ?
Stéphane Brunel : Nous avons constaté dans nos activités passées que lorsqu’un client décide de mettre en œuvre une solution qui aura un impact fort sur sa logistique et son système d’informations, c’est un peu « les yeux fermés ».
Arnaud
ACHER, Nov@log Alain
BUSSOD, Savoye Philippe
VERNE, Fives Cinetic Jérôme
BOUR, DDS Logistics Florent
BOIZARD, Hardis |
C’est le cas dans les problématiques de préparation de commandes, pour lesquelles on retrouve du matériel, du logiciel, du process, etc. Modifier la façon de préparer les commandes a un impact au quotidien sur le travail des opérateurs, sur le travail de l’IT, sur la façon de produire, etc.
A partir de ce constat, nous avons décidé de proposer une offre permettant de faciliter cette prise de décision. Cette offre nous permet également de faire évoluer notre solution si nécessaire.
Pendant la période de test, tout le monde est associé et s’approprie le projet. Une fois que les gens ont pris possession du système, la décision d’achat devient beaucoup plus simple à prendre.
C’est par exemple ce que nous avons proposé à nos clients Elbee et Traditions du Périgord.
Chez Traditions du Périgord, pendant quelques semaines une mini chaîne de pick and pack a été mise en place sur laquelle les opérateurs ont pu préparer des commandes en parallèle de l’ancien système. Nous avons ainsi pu recueillir le retour des opérateurs.
Christian Hubert : Cela est rendu possible parce qu’on sait mettre en œuvre notre système très rapidement. Nous n’avons pas besoin de développer de lourdes interfaces pour que le client puisse commencer à produire.
Stéphane évoquait le fait qu’il puisse y avoir des demandes additionnelles pendant cette période de test. L’outil permet cette souplesse. Nous n’avons pas besoin de recréer beaucoup d’éléments spécifiques pour ajouter une fonction. On tire vraiment parti de moteurs de données adaptables et applicables dans différents cadres fonctionnels. Une nouvelle demande peut donc être intégrée au standard de manière naturelle et évolutive.
A quelle cible commerciale votre solution est-elle destinée ?
Christian Hubert : Aux clients qui traitent des pièces unitaires plutôt que des colis complets ou des palettes. C’est donc en particulier le cas des acteurs de la VAD, du e-commerce, du B to B pour le réassort, de la distribution spécialisée, etc.
Présentez-nous un cas d’implantation de Ketra chez un de vos clients.
Christian Hubert : On peut évoquer le cas de l’enseigne Delamaison.fr (Groupe Elbee), acteur du e-commerce spécialisé dans la vente de produits dans les univers de la maison et du jardin.
En pointe, l’enseigne a 4.000 commandes par jour. Celles-ci sont très variées. Notre client est susceptible de préparer des commandes qui peuvent par exemple réunir des meubles, des frigos, de la vaisselle ou des fluttes à champagne.
Ces commandes peuvent être classées en quatre grandes catégories:
- les commandes mono pièce
- les commandes multi articles, elles-mêmes divisées en trois sous-catégories selon un critère de volume physique:
- les petites commandes
- les moyennes commandes
- les « hors normes » (frigos, canapés, etc.)
Il était utile de pouvoir s’appuyer sur un système de règles permettant d’analyser les commandes, de les répartir selon une typologie de traitement adaptée et de savoir les router vers des postes de colisage spécialisés notamment pour les commandes cadeau.
Dans les trois cas de commandes multi articles, nous avons mis en place des systèmes de type pick to light (ventilation d’articles après des ramasses en stock massifiées par lot de commandes). Les tailles des postes de préparation sont adaptées ce qui permet de distribuer les produits ramassés vers des bacs ou des palettes (pour les commandes « hors normes »).
Une fois la ventilation de ces pièces effectuée, chacun des bacs des postes de travail sera remplis par les articles d’une commande donnée. L’ensemble est évacué sur des convoyeurs qui alimentent des postes de colisage, où les commandes finiront d’être préparées avec association des différents éléments nécessaires (emballage cadeau par exemple).
Globalement, les avantages de cette solution ont donc été :
- une augmentation des gains en prélèvement grâce à la massification.
- une simplicité et une ergonomie pour le processus de ventilation des pièces. Les opérateurs ne portent pas les bacs mais seulement les pièces (ceux-ci sont évacués via les convoyeurs).
- une optimisation de la capacité de production des postes de ventilation dans la mesure où le colisage ne se fait pas sur les mêmes postes.
- une souplesse dans l’équilibrage des charges par rapport aux différentes fonctions (ramasse, tri, colisage et finalisation) grâce à la division de la chaîne en plusieurs parties.
Notre système est donc à la fois souple, facile à équilibrer en terme de management de la production et avec de très bonnes productivités.
Que peut-on attendre dans les prochaines années en termes d’innovation dans les entrepôts et en particulier dans le domaine de la préparation de commandes ?
Christian Hubert : De manière générale, si les modes d’approche sont globalement toujours les mêmes, chaque client a ses propres spécificités. Cela nécessite donc une forte capacité d’adaptation. Nous pensons ainsi que les outils qui vont émerger ne seront pas forcément généralistes et en mesure de répondre à toutes les problématiques.
Par exemple, nous avons récemment entendu parler du système KIVA (système américain permettant de déplacer des étagères du stock pour les apporter en zone de préparation). Il nous parait évident que ce système, si il est parfaitement adapté à des pièces standards, ne pourra par exemple pas permettre de traiter des références comme les canapés de notre client Elbee.
Plus spécifiquement dans le domaine du e-commerce, les impacts sur la logistique devraient être fonction de deux évolutions actuellement engagées.
La première concerne les décisions de sous-traitance de la fonction logistique. Il y a quelques années, les prestataires n’acceptaient pas les petits acteurs du fait de volumes insuffisants. Un grand nombre de e-commerçants préféraient d’ailleurs garder la main sur cet élément clef de leur activité.
Aujourd’hui les offres des prestataires ont évolué et se sont diversifiées. Ainsi des « petits acteurs » peuvent sous-traiter leur logistique et se concentrer sur leur métier de base.
La seconde concerne les évolutions des offres commerciales des e-commerçants. En effet, avec le e-commerce, les vendeurs ont la possibilité d’innover dans leurs offres. Pour supporter ces innovations, la logistique doit proposer les solutions adaptées. Mais ces solutions ne sont pas uniques. Une spécialisation sera nécessaire. La sur adaptabilité fera que des systèmes très efficaces dans un certain nombre de cas, ne pourront pas l’être dans d’autres.
Les acteurs du e-commerce devraient d’ailleurs continuer à évoluer et peut-être adapter leurs politiques commerciales ce qui nécessitera une grande souplesse dans les systèmes logistiques mis en place.
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Bio Express
Christian Hubert a un parcours d’informaticien
avec une spécialisation en
intelligence artificielle. Il a
d’abord travaillé dans
l’analyse de données
dans les systèmes de type
infocentre pour ensuite intégrer
une société dans le
domaine du TMS. Il a ensuite participé
à la construction des solutions
d’une société
spécialiste du e-commerce
en tant que Responsable R&D
puis en tant que Responsable Produits.
Stéphane Brunel a suivi le
même type de formation et
s’est ensuite orienté
vers l’intégration
de systèmes de facturation
pour les Télécoms.
Il a rejoint la même société
que Christian Hubert pour l’intégration
des systèmes de préparation
de commandes.
Christian Hubert et Stéphane
Brunel ont fondé Komoto en
2010.
Site
Internet de Komoto : www.komoto.fr