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WMS et TMS : sont-ils adaptés aux PME ?

  INTERVIEW

‘‘Notre objectif est de limiter le besoin en mobilisation de ressources chez le client’’ J. BOUR, DDS Logistics

M Jérôme BOUR, PDG de DDS Logistics

Interview de Jérôme BOUR, PDG de DDS Logistics
Réalisée le 06/09/2013 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « WMS et TMS : sont-ils adaptés aux PME ? ».



Quelle part représente le segment PME dans votre portefeuille client?

Cela dépend des secteurs d’activité de nos clients.

En ce qui concerne le marché des prestataires, nous travaillons essentiellement avec les transitaires qui évoluent sur un périmètre international. Il s’agit majoritairement de PME.
Pour vous donner un ordre de grandeur, la France compte environ 2000 transitaires, cela démontre que le marché reste très « atomisé ».

  Autres contributions

Evelyne RAYNAUD, a-SIS
‘‘ Pour les PME, la frontière qui existe aujourd’hui entre les TMS et les WMS tend à disparaître. ’’

Jean-Marc PHILIP, Syleps
‘‘ Il convient de trouver le juste équilibre : limiter l’importance des adaptations pour que le budget ne soit pas exorbitant mais s’assurer de conserver la valeur ajoutée de l’entreprise. ’’

François BIESBROUCK, BK Systèmes
‘‘ Au-delà de la qualité du produit WMS, le projet se réussit grâce à l’accompagnement qu’il convient de proposer à la PME. ’’

Patrick REHEL, NEGSYS
‘‘ La PME cherche bien entendu une solution logicielle mais aussi du conseil. ’’

Ottavio RIVELLI, inconso
‘‘ Chez une PME, les équipes projet du client sont généralement plus proches de la Direction Générale. ’’

Gilbert GARCIA, KLS
‘‘ Dans une PME, les interlocuteurs sont beaucoup plus dans une logique de délégation de confiance et de compétence. ’’

Yvan KELLER, bp2r
‘‘ Un TMS est un concept logiciel extrêmement large. Il faut prendre le soin de savoir ce qu’on en attend véritablement. ’’

Jean-Pierre GAUTIER, ACSEP
‘‘ La mise en place d’un WMS est l’occasion pour la PME de tout mettre à plat et d’analyser la valeur de chaque action’’

Les très gros transitaires faisant généralement partie de grands groupes internationaux, ils utilisent leurs propres systèmes intégrés.

En ce qui concerne le marché des chargeurs, la situation est en train de changer. Jusqu’à présent c’était un marché qui était clairement poussé par les grands groupes. Ils ont en effet été les premiers à déployer des solutions TMS dans la mesure où les enjeux sur leurs budgets transport étaient importants et qu’ils étaient en mesure d’assurer la disponibilité des ressources nécessaires pour mener ce type de projet.

Historiquement, DDS Logistics est très présent sur ce marché ce qui explique la part importante de grands comptes parmi notre clientèle chargeurs.

Cependant, depuis 4 ans nous constatons une demande croissante des PME.

Il est toujours délicat quand nous rencontrons une PME de déterminer si la mise en œuvre d’un TMS se justifie. Plus que sur la taille de l’activité, c’est le budget transport qui est déterminante.
Nous considérons qu’à partir d’un budget transport de 3 M€ l’implémentation d’un TMS a du sens.

Par exemple, si on considère les entreprises dont le CA est inférieur à 100 M€ qui ont une activité à l’export ou une activité avec une composante de distribution significative et dont elles ont la charge (ce qui exclut celles dont les clients prennent à leur compte le transport), nombre d’entre elles ont des problématiques transport justifiant l’utilisation d’un TMS.


Proposez-vous les mêmes produits aux PME et aux grands comptes ?

En effet, ce sont les mêmes produits. C’est la manière de les mettre en œuvre qui diffère.

Nos solutions sont à la fois très modulaires, très souples et ouvertes. Les différents paramétrages permettent d’adapter le système aux besoins et aux modes de travail du client.

Pour schématiser : pour un projet qui va être réalisé dans un grand groupe, nous allons trouver des process très différents et beaucoup de systèmes existants avec lesquels nous allons devoir nous interfacer. Il va s’agir d’un projet en « mode feuille blanche ». C'est-à-dire que nous partons du besoin et que nous demandons au client de nous décrire son organisation et son process idéal. A partir de là nous allons concevoir de A à Z le paramétrage adapté et potentiellement mettre en oeuvre l’ensemble des modules du produit permettant de répondre à ce besoin.

Pour une PME, il s’agit donc du même produit mais le paramétrage a déjà été constitué. Nous considérons en effet que le process va être plus simple, que la complexité liée à la taille de l’entreprise sera moindre.
Notre expérience avec l’ensemble de nos clients, nous a permis de constituer au fur et à mesure des jeux de paramétrage standard et des interfaces qui sont préprogrammées. Enfin, il n’est généralement pas nécessaire de mettre en place l’ensemble des modules.

Cela nous permet donc de différencier l’approche et de proposer aux PME des solutions beaucoup plus compactes et nécessitant une mise en œuvre plus rapide.

C’est un point important parce qu’outre la question budgétaire, c’est la question de la disponibilité des ressources chez le client qui peut être problématique

En effet, autant dans un grand groupe nous pouvons compter sur un chef de projet qui va être détaché et des équipes qui vont être dédiées au projet, autant dans une PME, les interlocuteurs vont continuer à exercer par ailleurs leurs fonctions qui leur demandent déjà beaucoup de temps.

Notre objectif est donc de limiter le besoin en mobilisation de ressources chez le client.



Dans le domaine du e-commerce, via l’acquisition de la plateforme KeKoli.com, vous proposez désormais une solution adaptées aux « petits » acteurs du secteur…

Il s’agit en effet du seul domaine sur lequel nous avons une offre un peu différente en fonction de la taille des clients. Le monde du e-commerce est un petit peu à part de ce que nous avons par ailleurs. Nous avons donc développé une offre spécifique dédiée.

Dans ce secteur on retrouve de très gros acteurs, reconnus avec qui nous travaillons avec nos produits habituels TMS. Il y a également un marché spécifique qui compte un grand nombre de petits e-commerçants pouvant être qualifiés de PME.

C’est un marché que nous regardons depuis un moment et nous avons donc fait le choix de racheter la solution KeKoli.com qui est une solution dédiée à ce monde du e-commerce.

Le périmètre fonctionnel est le même, il s’agit de maîtriser la chaîne de transport. Cet outil nous permet de proposer des fonctions et un pré-paramétrage dédié au e-commerce. Prenons l’exemple de la fonction transport, il s’agira de transporter des colis ou de l’express et éventuellement d’assurer quelques tâches spécialisées du type recueil de l’avis du client final.


Quels sont les points de vigilance à considérer pour mener à bien un projet TMS chez une PME ?

Le premier point c’est clairement l’implication ou le « sponsoring » de la Direction. C’est cela qui fait que le projet va bien se passer ou pas. Pour nous c’est donc le premier critère.

Nous sommes en effet sur des tailles d’entreprise où le DG est clairement visible. Même si la décision de mettre en œuvre un TMS a été prise, c’est bien lui qui va donner, ou pas, l’impulsion, qui va faire en sorte que les opérationnels ou les équipes informatiques vont arriver à dégager du temps sur un quotidien qui est systématiquement surchargé.
Il faut donc prévoir un minimum de disponibilité et d’implication. Cela est également vrai avec le mode SaaS. Il y aura toujours des éléments de technique à mettre en œuvre.

Deuxième point de vigilance, qui est d’ailleurs lié au premier point évoqué, c’est qu’avec des ressources limitées et contraintes, il convient de ne pas essayer de tout faire d’un coup. Dans le TMS il y a en effet beaucoup de possibilités. Nous préconisons donc clairement à nos clients PME de procéder de manière incrémentale, de commencer par un périmètre limité ce qui va permettre aux équipes de prendre en main l’outil et d’enregistrer des premiers gains. Au contraire, il nous semble très risqué de se lancer dans une démarche de type « big bang » dans laquelle l’intégralité des modules sera mise en place.


Vous commercialisez vos solutions en mode SaaS. Quel intérêt les PME peuvent-elles y trouver ?

Avec le SaaS, nous déchargeons les équipes, non seulement de la mise en œuvre initiale, mais surtout de toute l’administration et de l’exploitation quotidienne.

Le TMS est un système très ouvert. C’est d’ailleurs souvent un point que l’informatique du client ne voit pas au début. Le TMS a souvent plus d’utilisateurs en dehors de l’entreprise qu’à l’intérieur.

Si vous avez 2 personnes qui s’occupent du transport en interne de l’entreprise, vous allez avoir 15 personnes qui utilisent le système chez les transporteurs. Les problématiques sont donc celles de systèmes collaboratifs ouverts avec en particulier un aspect sécurité important.

Les technologies et les services SaaS sont mûrs et éprouvés, nous conseillons donc à nos clients d’en profiter.


Quel mode de commercialisation SaaS proposez-vous ?

Nous proposons un abonnement mensuel basé principalement sur le nombre d’utilisateurs. Avec ce modèle, nous allons permettre à nos clients de traiter plus de volumes à effectif constant. Ils vont donc pouvoir bénéficier de l’ensemble des gains de productivité.

Ce n’est pas le cas des modes de commercialisation selon une unité d’œuvre. Prenons l’exemple d’une activité mesurée en nombre d’expéditions. En passant de 10.000 à 15.000 expéditions à effectif constant, sur notre modèle, le coût n’augmente pas.

De même avec l’abonnement mensuel le budget est plus facilement prévisible. Beaucoup de nos clients ne savent pas exactement avant la mise en place du TMS quel est leur volume d’expéditions. Avec une facturation à l’unité d’œuvre, le client risque donc de découvrir à posteriori ce qu’il aura à payer. Avec une facturation en fonction du nombre d’utilisateurs, la prévisibilité budgétaire est meilleure.


Présentez-nous un cas concret d’application de votre solution TMS chez une PME


Le choix de DDS Shipper a doublement répondu à l’exigence d’Alis International. Alis International, prestataire logistique est une PME qui cherchait une solution pour organiser au mieux le pilotage de la chaîne logistique à l’international de ses clients chargeurs. Cette solution devait permettre à la fois de gérer les flux de la réception de la commande jusqu’à la livraison à l’entrepôt, de les tracer et aussi de contrôler les coûts d’achats de transport

L’objectif d’Alis International en faisant appel à DDS Logistics était d’apporter à ses clients :

  • un meilleur contrôle et une réduction du coût d’achat transport en hausse constante,
  • une diminution des coûts de traitement des factures prestataires et fournisseurs ainsi que des coûts administratifs relatifs aux opérations
  • une rationalisation de la relation avec les clients et les sous-traitants afin de permettre pour ces derniers un suivi qualitatif de leurs performances.

Le choix de DDS Shipper a doublement répondu à l’exigence d’Alis International.

D’une part parce que cet outil était déjà connu des clients de la société, ce qui facilitait son utilisation.

D’autre part parce qu’elle apportait à la fois un gain de temps et d’économie du fait de son automatisation et de par ses fonctionnalités. Ces dernières permettent à Alis International de gérer les flux de transport achat, d’automatiser la gestion de transports et de coûts, de gérer les tarifs transporteurs, de suivre les coûts de transport et d’assurer la fiabilité et la traçabilité des flux.


Bio Express

Jérôme BOUR a pris la Direction de DDS Logistics en 2000. Il a auparavant occupé les postes de Directeur Informatique du Groupe DAHER, de Responsable de l’organisation et des systèmes opérationnels chez DHL et de Consultant chez Ernst & Young.

Site internet de DDS Logistics : http://www.ddslogistics.com/fr/


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