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WMS et TMS: faut-il passer au mode SaaS ?

  INTERVIEW

‘‘Le SaaS constitue le moyen même de construction de notre offre de collaboration au sein de la Supply Chain’’ Jean-Charles DECONNINCK, Generix Group

Jean-Charles DECONNINCK, Président de Generix Group

Interview de Jean-Charles DECONNINCK, Président de Generix Group.
Réalisée le 27/11/2013 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique au cours de Supply Chain Event 2013 dans le cadre du dossier thématique «TMS et WMS : faut-il passer au mode SaaS ?».



Le SaaS est au cœur de la stratégie de développement des offres de Generix. Quels en sont les raisons ? Quel a été le cheminement de votre société vis-à-vis de ce modèle ?

Nos métiers sont orientés vers les écosystèmes industriel et distribution. Notre objectif est de fluidifier les flux d’informations et les flux physiques de manière à pouvoir répondre à la promesse commerciale faite au client, que ce soit en B2B ou en B2C.

  Autres contributions

Jérôme BOUR, DDS Logistics
‘‘ Les prospects sont très matures vis-à-vis du SaaS. Ils en appréhendent à la fois les bénéfices et les limites ’’

Evelyne RAYNAUD, a-SIS
‘‘ Aujourd’hui le marché veut avoir le choix entre SaaS et Licence ’’

Fabrice MAQUIGNON, WKTS - Transwide
‘‘ Le SaaS nous permet de mettre en place très rapidement l’exécution opérationnelle du transport, particulièrement génératrice de gains pour les chargeurs ’’

Florent BOIZARD, Hardis
‘‘ Le choix entre SaaS et licence dépend avant tout des attentes du client, de sa saisonnalité et de sa croissance ’’

Yvan KELLER, bp2r
‘‘ La question à se poser est la suivante : a-t-on besoin d’un outil de gestion ou de production? ’’

Steven WALLIS, MobileIT
‘‘ Le mode SaaS peut conduire les entreprises à s'équiper d'un WMS plus rapidement qu'elles ne l'auraient fait autrement ’’

Florian CIMETIERE, ITinSell
‘‘ Avec le SaaS, le client s’affranchit des risques d’obsolescence de la solution ’’

Jean-François SERRA, Creasoft51
‘‘ Avec le SaaS, nous facturons nos clients en fonction du nombre d’écrans consultés ’’

Vincent LE BRIS, Transporeon
‘‘ Avec le mode SaaS, les transporteurs , industriels ou distributeurs ont simplement besoin d’une connexion Internet pour accéder à nos solution ’’

En 2008, alors qu’on ne parlait alors pas encore de SaaS, nous avons lancé un grand programme de recherche et développement que nous avons autofinancé en totalité. Nous avons redéveloppé l’ensemble de nos plates-formes pour concevoir des solutions nous permettant de mettre réellement en collaboration les écosystèmes industriels.

Pour nous, le SaaS n’a pas été un objectif mais a plutôt constitué le moyen même de construction de notre offre. Il est intervenu au centre de la conception de notre réponse aux problématiques de collaboration.

Il s’agissait que tous les acteurs d’un écosystème, principalement dans le monde de l’industrie et du commerce, puissent échanger l’ensemble des données nécessaires à exécuter les flux ou les opérations. Il convenait d’apporter une réponse à la fluidification de l’ensemble des informations dématérialisées de manière à pouvoir faciliter l’ensemble des échanges.

Nous avons ainsi conçu des plates-formes d’échanges de données uniquement dans un mode collaboratif.

Début 2009, nous avons ensuite lancé l’élaboration d’une Supply Chain (et donc de flux d’exécution) uniquement en mode SaaS.

Pourquoi dans ce mode SaaS que nous appelons chez Generix le « On Demand »?

Parce que dans un monde où la complexité ne cesse d’augmenter, nous sommes convaincus que nous ne pouvons plus travailler sur l’optimisation de chaque maillon de la chaîne individuellement. Il convient au contraire de travailler sur l’élaboration et l’optimisation de la totalité la chaîne en partant du principe que l’optimum global n’est jamais la somme d’optimums locaux.

Pour pouvoir travailler sur la totalité de la chaîne, il faut pouvoir collaborer et c’est la raison pour laquelle nous avons mis en place sur ce principe la totalité de notre stratégie de développement d’offres.

Les processus qui sont parfois très complexes doivent être rendus simples pour l’usage. Le système d’information ne doit plus constituer un frein au développement, mais plutôt un vrai moteur de l’accompagnement du développement des entreprises.

Le mode SaaS nous permet d’offrir au marché une plate-forme qui peut être utilisée de manière extrêmement simple.


Quels ont été les impacts de cette stratégie sur vos offres ?

Toute entreprise est confrontée à au moins trois structures de coûts fixes :

  • ses infrastructures (usines, entrepôt, magasins, etc.)
  • le coût du personnel, ce qui est particulièrement valable dans les économies de l’Europe de l’Ouest ou plus généralement dans les économies de l’OCDE (les coûts sociaux y sont tels qu’on peut les considérer comme des coûts fixes)
  • le coût de traitement de l’information qui est essentielle aujourd’hui pour pouvoir opérer tous les jours son développement et sa stratégie

Nous nous sommes uniquement adressés à cette dernière couche de coûts fixes. Nous l’avons abordé en considérant qu’il fallait que le coût devienne un élément variable du business.

Le système d’information doit être un moteur du développement commercial pour l’entreprise et en même temps, être complètement « variabilisé » de manière à pouvoir accompagner l’ensemble des variations de typologies de business auxquelles nos clients vont être confrontés.

C’est la raison pour laquelle aujourd’hui nous commercialisons ces offres uniquement sur des visions de process et non plus sur des visions de produits.

En particulier, dans le domaine de l’exécution logistique, il s’agissait jusqu’à présent de proposer un WMS, un TMS, des outils d’approvisionnement, avec éventuellement au-dessus des couches de pilotage.

Nous avons souhaité « désincarcérer » la vision étriquée du WMS, du TMS, etc. pour pouvoir revenir à des problématiques uniquement de process globaux Supply chain.

Notre vision consiste ainsi à considérer des processus de chaînes de valeur. Cela revient à dire que nos clients consomment des process. Ils achètent juste ce dont ils ont besoin. C'est-à-dire qu’ils n’ont plus besoin d’acheter des logiciels dont ils n’utiliseraient qu’une partie.

Notre démarche a nécessité une recomposition complète de notre offre et de la structuration des technologies. Generix a, pendant quatre ans, investi sur ses fonds propres l’ensemble de ces transformations. Elles ont concerné aussi bien les technologies que les moyens de les porter sur le marché.



Avec le « On Demand », sur quelles bases vos clients sont-ils facturés ?

Nos clients consomment des volumes qui sont liés à des actes métier (des lignes de préparation de commandes, des ordres de transport) et non pas des actes utilisateur.

Il s’agit d’unités d’œuvre de métiers et non pas de système d’information.


Avec vos solutions « On Demand », quels délais de mise en place pouvez-vous assurer à vos clients ?

Acheter un logiciel, l’implémenter, conduire des projets pendant des mois, voire parfois des années quand on parle des ERP, pour des retours sur investissement dont la véracité n’est pas toujours établie nous semble être une ineptie complète si on considère la problématique de la rapidité des échanges et du business aujourd’hui.

Désormais nos clients ont besoin de se déployer très rapidement sur de nouveaux marchés et sur de nouvelles offres. Nous sommes donc dans un monde où la vitesse d’implémentation est capitale.

Notre objectif est ainsi de pouvoir apporter à nos clients une rapidité de déploiement et une grande flexibilité.

S’il faut six mois pour mettre en œuvre de telles évolutions, le client n’est plus en mesure de respecter le time-to-market et donc n’arrive plus à rencontrer la demande puisqu’il va arriver trop tard par rapport à celle-ci.

Generix a au fur et à mesure de son développement accumulé un savoir-faire et un nombre d’expériences de mise en place de processus dans les domaines de la logistique, du transport, de la Supply chain, des problématiques d’approvisionnement, des complexités liées aux échanges de données, etc.

Ces expertises ont été réintégrées dans nos plates-formes sous forme de structuration industrielle.

C’est-à-dire qu’aujourd’hui si vous nous demandez d’ouvrir 25 000 m² d’entrepôts de surgelés à Shenzhen, nous pourrons le réaliser en trois semaines à peine si vous avez les ouvertures de système.

En effet nous avons complètement industrialisé les processus les plus usités sur le marché. Cela se traduit naturellement par des investissements clients légers.

Ainsi, si nos clients ont la volonté de mettre en place de manière standard ces grandes familles de process liés à leurs typologies d’activité, nous sommes en mesure de les accompagner dans des délais excessivement courts avec des coûts maitrisés.

La rapidité, la compétence et la richesse métier et fonctionnelle vont donc faire la différence.


Quid de la sécurité ?

La sécurité est un composant essentiel de la transaction.

Les informations qui transitent et sont traitées dans le cloud doivent l’être en respectant une totale confidentialité de façon à protéger les avantages concurrentiels et les données qui sont essentielles à la vie même des entreprises. Cela est d’autant plus vrai que nos clients sont bien souvent partenaires ou compétiteurs entre eux.

Dans le monde du SaaS, le partitionnement des informations est excessivement important dans la mesure où elle assure à nos clients sécurité et confidentialité.


Pour que vos clients puissent pleinement collaborer avec leur écosystème, est-il nécessaire que l’ensemble des acteurs de la chaîne aient souscrits à vos solutions ?

J’en serais très heureux… Cependant nous évoluons dans un monde de pluralité, de compétition où chacun utilise des solutions différentes.

C'est pourquoi dans la conception même de nos plates-formes, nous avons trois typologies de flux :

  • le flux d'échanges de données, c'est-à-dire d'infrastructures,
  • le flux d'exécution logistique,
  • et le flux de transaction clients (cross canal).

Sur la couche basse d'échanges de données, on retrouve les composants applications-to-applications, c'est-à-dire les composants qui, dans des domaines excessivement rapides et simples (la complexité se retrouve ensuite dans les infrastructures), permettent d'échanger des données avec tous les acteurs et toutes typologies de système.
Ainsi l’ensemble de nos clients et de leurs partenaires, qu'ils soient ou non sur nos plates-formes, peuvent bénéficier d’un usage simple de connexion et d'échanges avec l’ensemble des écosystèmes.

La problématique à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés dans la globalisation des échanges, c’est que le client intervient avec l’ensemble des enseignes de manière complètement aléatoire.
Par exemple, un client peut commencer une transaction commerciale avec une enseigne sur le Web, suspendre cette transaction à un moment donné (parce qu’il a besoin de conseil ou d’aller physiquement rencontrer un conseiller dans un magasin), la finaliser deux ou trois jours plus tard, retirer une partie des produits dans un premier temps avant de se faire livrer ceux qui ne sont pas encore disponibles plus tard chez lui ou dans un point colis….

La combinatoire des échanges devient exponentielle. Il y a une liberté d’échanges nécessite de devoir structurer les choses de manière différente.

Lorsque vous avez fini votre transaction, vous devez pouvoir profiter du produit commandé. Nous avons ainsi conçu tous les flux de gestion de la structuration de la relation et de la transaction clients dans tous les canaux de manière à pouvoir répondre à cette promesse commerciale. C’est le système de delivery et d’exécution de la Supply Chain.

Quelque soit l’endroit où vous vous trouvez aujourd’hui, la chaîne logistique va être soumise à des phénomènes complètement aléatoires et à des flux qui vont être de moins en moins prévisibles. Cela nécessitera de devoir créer des réactivités beaucoup plus fortes dans la chaîne logistique et entre autre dans le système d’Order Management.

C’est pour nous dans la continuité de tout ce que nous avons créé, des trois flux auxquels nous nous consacrons, celui de l’échange, celui de l’exécution et celui de la transaction.


Les offres SaaS sont-elles particulièrement adaptées à certains secteurs d’activité ?

Le premier point que je constate, c’est qu’alors qu’on pensait que ces offres allaient surtout s’implanter dans le monde des TPE et PME, elles sont en fait particulièrement adaptées à certains grands groupes qui ont des problématiques de développement rapide à l’international et qui souhaitent éviter des CAPEX importants.

Lorsqu’on arrive sur un nouveau marché, on n’est jamais sûr du succès de son offre, et il est donc important de pouvoir se redéployer rapidement. C’est un élément essentiel du mode SaaS.

Le deuxième point concerne le passage au numérique. Aujourd’hui, c’est le terreau même du business pour tous les acteurs quels que soient les domaines dans lesquels ils interviennent.

Au-delà du e-commerce, secteur à destination duquel nous avons sorti un pack dédié à la e-logistique avec des process d’entrepôt complètement packagés, il est complètement inconcevable que demain les autres secteurs (pharmacie, cosmétique, etc.) ne rentrent pas dans ces mondes-là.

Cette explosion numérique recompose l’ensemble de l’économie mondiale. Ainsi, penser que le SaaS n’est qu’un phénomène médiatique ou marketing, c’est ne pas comprendre ce qui est en train de se passer. Le SaaS est essentiel aujourd’hui. Il n’est limité ni en volume, ni en localisation.


Bio Express

Jean-Charles DECONNINCK est Président de Generix, société qu’il a reprise en 2005. En 8 ans, l’entreprise est passée d’un chiffre d’affaires de 14 à 65 millions d’euros.

Préalablement il a travaillé dans le monde du système d’information chez IBM en France, en Europe, et aux États-Unis.

En 2000, il avait repris une première entreprise d’édition de logiciels spécialisés dans le retail et le banking.

Site Internet de Generix : www.generixgroup.com/fr/


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