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TMS: les critères de choix

  INTERVIEW

‘‘Le terme TMS englobe sous un même nom des réalités assez hétérogènes’’ J.BOUR, DDS Logistics

Jérôme BOURInterview de Jérôme BOUR, Directeur de DDS Logistics.

Réalisée le 10/10/2016 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « TMS : les critères de choix ».


Quelles typologies d’acteurs les solutions transports de DDS Logistics adressent-elles ?


Nos solutions visent à gérer les opérations de transport réalisées par les prestataires pour le compte de nos clients chargeurs et transitaires.

  Autres contributions

Jérôme GABALDE, Transporeon
‘‘ Les gains permis par les solutions Transporeon concernent les chargeurs, mais également leurs transporteurs ’’

Fabien PETITJEAN, Acteos
‘‘ La mise en place d’un TMS n’est pas une formalité. C’est un projet en soi ’’

Isabelle BADOC, Generix
‘‘ Ne pas projeter ses besoins au-delà de la recherche d'un gain immédiat entraîne le risque de se tromper de TMS ’’

Olivier SCHULMAN, a-SIS
‘‘ Il convient de favoriser une solution à la fois complète et modulable fonctionnellement ’’

Pour 2/3 industriels et pour 1/3 distributeurs, ceux-ci évoluent aussi bien sur un périmètre national qu’international.


Pourquoi mettre en place un TMS ?

Il y a encore deux ou trois ans, la réduction du budget transport constituait l’objectif principal. L’amélioration de la qualité de service rendue possible par le TMS était en quelque sorte considérée comme un bonus.

La réponse est désormais en train de changer. Un TMS sert de plus en plus à s’assurer du niveau de qualité offert à ses clients.


Cette tendance concerne-t-elle tous les secteurs d’activité ?

En BtoC cela a en fait toujours constitué un point déterminant. De son côté, le BtoB comprend enfin l'importance du transport dans sa relation clients.


Comment jugez-vous le marché actuel du TMS ?

L’activité est très dynamique. Le marché est aujourd'hui clairement tiré par les chargeurs.

Ne sont plus uniquement concernés les très grands groupes, mais également les entreprises de taille moyenne disposant de flux significatifs.



Quels critères un chargeur peut-il considérer pour comparer les différentes solutions ?

Le terme TMS englobe sous un même nom des réalités assez hétérogènes. Il est donc important de considérer un certain nombre de critères de manière à pouvoir comparer les solutions et leur adéquation à ses propres besoins.

Ceux-ci vont porter sur différents niveaux.

Les types de flux à gérer

Tous les TMS ne traitent pas l'intégralité des types de flux. Il s’agit donc de les qualifier et de présélectionner des solutions qui soient adaptées. 

Le chargeur devra alors répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont le ou les modes de transport à gérer ?
  • Y-a-t-il une composante internationale ?
  • Le flux est-il orienté colis / messagerie ou l’entreprise dispose-t-elle d’une palette de flux plus large (distribution mono colis, camion complet, etc.) ?
  • Etc.

Capacité d’intégration avec l’ERP et les autres systèmes


Un TMS ne peut être considéré indépendamment de l’écosystème de l’entreprise. Il convient donc de regarder la capacité de l'éditeur à réaliser le projet d’intégration de sa solution avec l’ensemble des autres systèmes.

Un mix de technologie et d'expérience est alors nécessaire. Il convient à la fois de disposer des briques informatiques et des personnes en mesure de les déployer.

La capacité à embarquer les transporteurs eux-mêmes.

Je viens de l’évoquer, le TMS est un outil ouvert sur l’extérieur de l’entreprise. La capacité à embarquer les transporteurs, quelle que soit leur taille, est déterminante. En effet, si l’intérêt en termes de qualité de service est fort pour le chargeur, il lui revient de donner les moyens à ses prestataires de lui remonter les informations sur leur réalisation de ses opérations de transport.

C’est un des objectifs de notre offre de tracking mobile intégrée dans notre solution Join2ship. Elle permet au plus petit transporteur de remonter de l'information tracing en quasi-temps réel comme le font les grands prestataires équipés avec de l'informatique embarquée.

La modularité des fonctions

Un TMS peut comprendre un nombre de briques dont les objectifs vont être bien distincts (affréter, simuler, facturer, tracer, etc.). Il convient pour le chargeur de déterminer quels sont les modules qui répondent à ses besoins et de vérifier que l’éditeur offre la possibilité de ne déployer que ce qui est identifié comme nécessaire. Ce critère a des impacts aussi bien en termes de délais de mise en place qu’en termes de ROI.


Les clients sont-ils plutôt demandeurs du mode SaaS ou du mode licence ?

La tendance est très claire. Il y a encore quelques années nous signions un dossier sur deux en mode SaaS, aujourd'hui ce sont les ¾ des projets qui sont concernés.

Cette bascule de la demande du marché sur le mode SaaS s'explique principalement par :

  • La possibilité de passer les dépenses en OPEX plutôt qu'en CAPEX
  • L’accélération de la rapidité de mise en place (serveur). Un projet TMS relève avant tout des Directions Métiers. Celles-ci sont plus à l'aise s’il n’est pas nécessaire de solliciter l’informatique de l’entreprise.

DDS Logistics propose ainsi son TMS en mode SaaS depuis le début des années 2000.

Néanmoins, il reste donc ¼ des dossiers en mode licence. Certains clients ont une Direction Informatique qui a fait le choix d'avoir la solution en interne et qui souhaite prendre en charge son hébergement. Ils sont alors rassurés que nous puissions encore proposer nos logiciels en mode licence.


Quels conseils pouvez-vous donner à un chargeur dans sa démarche d’appel d’offres ?

Un certain nombre de bonnes pratiques peuvent être respectées :

Préparation et appropriation de la démarche

Tous les projets TMS qui se déroulent bien ont un point commun lié à la phase initiale de préparation, d'appropriation de la démarche en particulier vis-à-vis des exploitants. Le moyen le plus simple d’y parvenir est de les faire participer à la rédaction du cahier des charges.

Rédaction du cahier des charges et constitution du dossier de payback

Un cahier des charges est nécessaire. La Direction Métier et les exploitants doivent disposer d’une vision claire sur les objectifs du projet. Si nos prospects n’en ont pas rédigé un au moment où ils nous consultent nous pouvons leur fournir un modèle.

Au-delà de la mise à contribution des exploitants que je viens d’évoquer, il convient également que les Directions Générales et Financières qui, in fine, devront donner leur feu vert aient les bons éléments en main.

Pour constituer un dossier de payback, un certain nombre d'informations doivent être considérés. Nous pouvons en fournir la liste à nos prospects.

Ces deux étapes de rédaction du cahier des charges et de constitution du dossier de payback permettent de bien asseoir et de faire accepter le projet en interne.

Réalisation d’un POC

Au-delà de la soumission du cahier des charges aux éditeurs et de la mise en concurrence, faire réaliser un POC (Proof Of Concept) est tout à fait pertinent. Plus que ne le sera une simple démo.

À travers un POC, le process type est déroulé. Il devient possible de confirmer quels sont les systèmes à interfacer avec le TMS et de bien distinguer les besoins couverts de ceux qui ne le sont pas.
Quelques jours nécessiteront d’être investis pour que le POC permette de vraiment s'assurer que le produit va répondre aux attentes et de recevoir par la suite une proposition beaucoup plus précise.

La réalisation d’un POC permet ainsi de sécuriser le budget nécessaire au projet et de confirmer que la solution déployée va bien correspondre aux process cibles. 

Organisation de visites clients

En complément du POC, les visites clients sont également utiles. Elles permettent de s’assurer du fonctionnement de la solution dans les conditions du réel. Il n’est pas indispensable que le domaine d’activité soit similaire. Ce sont plutôt les typologies de flux qui devront être proches.

Gestion de la mise en place du TMS en mode projet

Côté chargeur, le TMS est généralement une première. L’enjeu d'accompagnement du changement est d’autant plus important. Il s’agira bien souvent de passer d'une solution manuelle / Excel / e-mail à une solution automatisée.
La réussite du projet est alors conditionnée à l'accompagnement des exploitants en interne et des différents prestataires.

Il est donc nécessaire de monter une équipe projet. Le manque de disponibilité des opérationnels représente alors un risque. Pour donner la pleine mesure de son potentiel, un TMS doit coller au workflow et aux modes de travail. Cela nécessite des disponibilités au sein des équipes métier pour expliquer à l’éditeur ce qui est attendu et recueillir un certain nombre d'informations. Par exemple, les tarifs sont souvent éparpillés entre différents systèmes, Excel, des classeurs papier, etc.

Intégration des transporteurs

Je l’ai évoqué en répondant à votre question sur les critères de choix, une des particularités du TMS par rapport au WMS c'est qu'il y a autant, si ce n'est plus d'utilisateurs à l’extérieur qu'à l'intérieur de l'entreprise.

Il convient donc de les intégrer dans le projet, les prévenir qu'un certain nombre d'actions leur seront demandées, soit directement dans le portail collaboratif du TMS chargeur, soit dans leur propre TMS (avec des interfaces à créer et la disponibilité associée).

Arriver à embarquer les financiers

Au-delà d’intégrer les financiers dans les calculs de retour sur investissement, il est également opportun de les embarquer pour leur présenter ce que le TMS pourra leur apporter en termes de contrôle de gestion.

Le TMS leur fournira en effet les clés pour une analyse de rentabilité par zone ou par client incluant la composante transport. Sans le TMS, de telles analyses ne sont pas réalisables. La comptabilité voit arriver un coût par transporteur et l’imputation correcte aux produits, clients ou zones est très compliquée.

Très souvent le TMS va d’ailleurs s'interfacer avec des systèmes financiers. Autant transformer cette contrainte en élément bénéfique en montrant aux financiers qu'il y a aussi un intérêt pour eux dans la mise en place d’une telle solution.

Les Directions Métiers sont en général réticentes, néanmoins, ce sont elles qui peuvent légitimement aller voir les Directions Financières et en profiter pour en faire des alliés.


Bio Express :

Jérôme BOUR a pris la Direction de DDS Logistics en 2000. Il a auparavant occupé les postes de Directeur Informatique du Groupe DAHER, de Responsable de l’organisation et des systèmes opérationnels chez DHL et de Consultant chez Ernst & Young.

Site Internet de DDS Logistics : www.ddslogistics.com


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