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Mécanisation des plateformes: enjeux et solutions

  INTERVIEW

‘‘La tension des flux favorise la mécanisation’’ G. GARCIA, KLS

Gilbert GARCIA, Président de KLSInterview de Gilbert GARCIA, Président de KLS

Réalisée le 11/01/2017 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Mécanisation des plateformes : enjeux et solutions ».


La mécanisation des plateformes semble connaître un développement important sur le marché français ces dernières années…

C’est principalement le facteur de la tension des flux qui motive aujourd’hui les sociétés à étudier la possible mécanisation de leurs plateformes.

  Autres contributions

Bertrand FAURE, Fives Intralogistics SAS
‘‘ La donnée est l’or noir de demain, (…) nos mécanisations génèrent des données en quantité et au plus proche des flux physiques de nos clients. ’’

Jean-Michel STRAUSS, Savoye
‘‘ Bien poser son équation logistique ’’

Laurent GOURDON, GRN Logistic
‘‘ Utiliser un WCS pilotant l’ensemble des équipements mécanisés permet d’améliorer la productivité globale de l’entrepôt ’’

En effet, les besoins de réactivité sont forts alors même que la variabilité des flux s’accroît. La mécanisation représente alors une solution performante aussi bien en termes de respect de la promesse client que de ROI. En particulier quand les espaces logistiques disponibles sont limités.

C’est par exemple le cas des secteurs du e-commerce et du drive, marchés que KLS adresse.

La tension sur la réactivité entre la passation de la commande et la livraison est forte. D’une unité jour, on est passé à une unité heure. Le challenge sera prochainement de descendre en dessous de l'heure.

Aujourd'hui, selon les drives, entre le moment où le client clôture sa commande et les premiers créneaux de retrait disponibles, le délai est compris entre deux et quatre heures.

Les e-commerçants les plus « rapides » proposent eux une livraison entre quatre et six heures. La livraison le jour J tend d’ailleurs à devenir l'objectif.

Ce changement d’unité a un impact fort sur la façon dont la préparation des commandes est ordonnancée au sein de la plateforme mécanisée. Jusqu'à présent, il était relativement simple de respecter le J+1 / J+2.  Les modèles étaient déterministes. Les commandes étaient analysées, combinées et leur préparation répartie en différents batchs par transporteur, par tournée, par client, etc.

Dans ces systèmes, la société avait le choix entre adopter un modèle productif, mais rigide (sans possibilité d’accepter des commandes urgentes) ou un autre plus souple, mais moins performant économiquement.

Quand l’unité devient l'heure, il n’est plus possible de continuer dans cette configuration. Par exemple, dans un drive, il s’agit d’appliquer un système dynamique de boucle ouverte d’ordonnancement où vous créez et recréez en permanence des regroupements intelligents de commande. C’est ce qui permet d’augmenter de manière combinée la productivité et la souplesse de la mécanisation.



Ces deux secteurs sont donc logiquement marqués par une forte poussée dans les domaines de la mécanisation fine et de la mécanisation à haute cadence.

C’est moins le cas dans la distribution traditionnelle, même si au sein d'un entrepôt une partie peut être légèrement automatisée. D’ailleurs, si le drive et l’ e-commerce étaient restés sur des configurations J+2 ou J+3, nombre de mécanisations ne se seraient pas justifiées en termes de ROI.

Au-delà de l’importance de la tension des flux, il convient également de citer les facteurs de respect des exigences de qualité et de contexte de légifération sur le contrôle de la pénibilité du travail qui favorisent aujourd’hui les projets de mécanisation.

En particulier dans le drive alimentaire, la qualité est primordiale. Le zéro défaut y est la cible. Or, si vous voulez maintenir le même niveau de qualité pour des performances ou une productivité accrues, vous êtes obligés de mécaniser. Les seuils de déclenchement sont alors forcément atteints plus rapidement. De même, avec la mécanisation, la traçabilité est bien moins lourde à intégrer en particulier pour les retours qui caractérisent l’activité e-commerce.


Quelles sont selon vous les principales conditions à respecter pour qu’un projet de mécanisation soit une réussite ?

L'agilité et la flexibilité ressortent clairement.

Nombre d’investisseurs potentiels sont encore marqués par la rigidité traditionnelle des gros systèmes de mécanisation qui a caractérisé les principaux échecs des années 1990 et du début des années 2000.

Dans un monde dans lequel tout est flexible, chaque structure doit pouvoir être évolutive aussi bien en termes quantitatifs que qualitatifs.

L’approche ne peut pas être purement volumétrique. C’est en fait le triplet volumétrie / flux / capacité en flux qui est à considérer.

Il faut absolument prendre garde à ce que chaque automatisme soit souple dans son mode de fonctionnement, dans son taux d'acceptation des articles et dans sa capacité à s'élever en termes de flux de préparation.
Il s’agit de prendre soin à ne pas trop figer la solution par les supports et à dédier les équipements à des classes logistiques plutôt qu’à des familles d'articles.

Il convient donc de veiller à bien prendre en compte les contraintes physiques associées et les équilibrages des flux.


Les clients sont-ils généralement bien préparés à mener de tels projets ?

Sur tous les dossiers sur lesquels nous intervenons, nous sommes en face de clients extrêmement motivés, compétents et disponibles.

Si nos interlocuteurs ont toujours une sensibilité particulière par rapport à l'informatique, ce sont principalement des directeurs logistiques.

Conscients des enjeux, ils sont à la fois avides de conseils, souples, et prêts à prendre en compte l'expérience que nous pouvons leur apporter à un instant T.

Notre relation entre d’ailleurs désormais dans le cadre d’une production de service. Les clients ne se mêlent pas vraiment du contenu de la solution, mais plutôt du niveau de service que nous pouvons leur apporter. Il s’agit de répondre aux questions suivantes : serez-vous capable de répondre sous une heure ? de traiter ce type de flux ? d’assumer une telle variabilité ou tension de flux ? Etc.


Sur quels types de projets de mécanisation intervenez-vous ?

Dans 80% des cas, il s’agit d'accompagnement sur de nouvelles installations et dans 20% des cas de remplacement d’une solution informatique existante.

Le plus souvent, le client est également en cours d’évolution de son business model. Il y a en particulier un basculement vers l'omnicanal de structures dont les canaux de distribution étaient auparavant du type VAD ou vente en magasin traditionnels.

Les partenariats avec nos collègues fournisseurs d’équipement nous permettent d’être généralement sollicités assez tôt dans le projet.


Présentez votre offre.

Nous venons du WCS. Nous avons en particulier été filiale du Groupe Kardex, pour le compte duquel nous avions la charge de l’intégration des systèmes WCS en Europe dans les années 1990.

Nous sommes ensuite entrés dans le monde du WMS dans les années 2000 avec notre produit phare Gildas.

En termes de secteurs, nous adressons historiquement le luxe et la santé.

Depuis 2008, nous équipons également de nos solutions les acteurs du e-commerce et du drive, dont la propension à la mécanisation dans le convoyage et dans la préparation de commandes est forte.


Vous évoquez l’importance de la mécanisation pour les activités de drive et de e-commerce. Qu’en est-il dans le secteur de la santé ?

Dans la santé, le degré de mécanisation augmente dès lors qu’on se rapproche du patient. Les systèmes de dispensation nominative sont en particulier de plus en plus automatisés. Les commandes des patients sont par exemple préparées avec des robots.
Dans les plateformes, par contre, les taux de mécanisation restent très faibles.

Dans ce secteur, nous équipons nombre de plateformes pharmaceutiques et de centres hospitaliers de notre solution WMS Hospilog.


Les fabricants de matériel de mécanisation proposent généralement leur propre WCS. Pourquoi dès lors utiliser le vôtre ?

De manière générale, nos solutions gèrent l’ordonnancement des préparations de commandes, le choix des emplacements physiques, les classes ABC, etc.  Il s’agit ensuite d’optimiser l’utilisation des équipements automatisés (vitesse horizontale et verticale, puissance en fonction de la charge, etc.).

Tout dépend alors du niveau d'intelligence de l'automatisme.

Notre WCS pourra gérer des systèmes offrant des mouvements basiques tels que les mini-loads, shuttles ou carrousels verticaux.

Par contre, quand le produit n’est pas encapsulé, c’est-à-dire standard dans le sens packagé, il est essentiel que le fabricant puisse optimiser le trafic de son équipement avec son propre WCS. Il s’agit par exemple du cas des fournisseurs de convoyeurs et de transstockeurs.

Notre solution permettra alors d’intégrer l’ensemble de ces équipements dans un ordonnancement global d’entrepôt en communiquant avec ces différents systèmes et en coordonnant leur utilisation.


Pouvez-vous présenter des exemples de projets mécanisation sur lesquels votre société est dernièrement intervenue ?

Nous avons accompagné le bijoutier Maty dans son passage à un modèle omnicanal. Le projet comprenait des robots de fin de préparation de commandes, du stockeur, de la préparation en rafale avec ordonnancement dynamique, de la réception et du contrôle des retours entièrement automatisés.

Nous sommes actuellement en train de finaliser un projet pour un drive Système U. Il s’agira du drive le plus automatisé de France avec du convoyage automatique, des robots pour les univers secs et froids et de l’ordonnancement dynamique pour respecter le challenge de pouvoir honorer les commandes sous deux heures.


Bio Express :

Gilbert GARCIA est Président de KLS. Ingénieur informatique diplômé de l'INSA de Lyon, il a commencé son parcours dans les sociétés de service, principalement dans l'Ingénierie industrielle. Il a ensuite créé la société KLS en 1986.

Site Internet de KLS : http://www.kls-logistic.fr/


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