Publications > Logiguide CGL > L’automatisation, depuis très longtemps maîtrisée dans le domaine de la production est-elle applicable à celui de la distribution ? (Volume 13 / Numéro 1)

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Article extrait des Logiguides de GROUPE GCL, cabinet de conseil en logistique.

CGL

Si vous demandez à un industriel d’imaginer ses activités sans automate, sans robot, sans mécanisation d’aucune sorte, il va probablement sourire et se demander où vous voulez en venir !

A tel point que les artisans sont devenus des artistes qui ne survivent que lorsque le produit de leur art est original et souvent unique. L’industriel, lui, dispose d’outils très puissants, capables de fabriquer une grande quantité de produits identiques avec une productivité et une qualité constante.

En contrepartie de cette capacité de production, il doit jongler avec un grand nombre de contraintes telles que des investissements lourds, la mise en oeuvre de processus préétablis (conception et maintenance), l’intégration de systèmes d’information complexes et surtout, disposer de flux d’information réguliers et prévisibles pour lui laisser le temps nécessaire à la mise en place de son installation et surtout, pour qu’elle soit rentable. Ainsi, le prix et le délai de disponibilité d’une voiture seront optimaux si vous choisissez le modèle standard. Si vous souhaitez une personnalisation, vous devrez choisir dans un catalogue d’options préétablies et dans ce cas, les délais seront beaucoup plus long et le prix bien plus élevé ! Il en va de même pour la grande majorité des biens manufacturés. D’ailleurs, en tant que client, nous avons tous accepté ces contraintes.

L’industrialisation des processus est, sans nul doute, un vecteur de rentabilité. La mondialisation et la crise imposent, à l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement, un défi de rationalisation constant pour rester compétitif. L’industrialisation des processus semble évidemment être un moyen efficace et éprouvé pour relever une partie de ces défis.

Les transporteurs l’ont bien compris. Les ports et les navires se sont mécanisés et leurs configurations ont évolué pour traiter des containers standard. Ceci aura permis de mécaniser les processus, d’optimiser l’espace sur les bateaux et sur les zones de stockage des ports, de garantir une compatibilité multimodale internationale avec les transports routiers maritimes et fluviaux. Là encore, lourds investissements, processus préétablis, intégration de systèmes complexes et obligation de planifier et de gérer un volume préétabli de flux physiques.

Les organisations qui sont producteur et distributeur de leurs produits et qui ont l’expérience de la production, utilisent les concepts de mécanisation au niveau de leur distribution et parviennent généralement à équilibrer les contraintes entre production et distribution. Cette démarche aboutie à une optimisation et une rentabilité globale de leur chaîne d’approvisionnement. Il faut cependant accepter que certaines industries ne soient pas propices à cet équilibre et que certaines entreprises ont payé le prix fort sans obtenir les résultats attendus. Il convient donc de respecter les fondamentaux de l’industrialisation pour approcher cette démarche.



L’automatisation des processus de distribution doit être évaluée en fonction de critères de conception connus et fiables sur une période d’au moins 5 ans (6 à 12 mois d’études + 6 à 18 mois d’installation + ROI minimal sur ce type d’installation à partir de la mise en activité). Les critères de conception primaires : Les ressources humaines, les volumes de flux transactionnels, l’évolution des catalogues produits, le positionnement géographiques des points de consommation et la capacité financière de l’entreprise. Les critères secondaires : les technologies applicables, la proportion des processus mécanisable, les plates-formes technologiques disponibles, etc.

L’automatisation des processus implique une parfaite maîtrise des processus de l’entreprise, de la commande du client à la facturation de cette commande. Il faut donc étudier les processus existants et élaborer les critères de conception à appliquer sur les processus cibles. Ces processus seront de trois types :
Processus administratifs SCM (traitement des commandes, gestion des stocks, gestion du personnel, gestion du transport, traitement des factures, etc.)
• Processus d’aide à la décision (tableaux de bord et KPI)
• Processus opérationnels (réception, stockage, préparation, etc.)

Le périmètre de la démarche d’automatisation doit encadrer globalement l’ensemble des processus pour que le retour sur investissement soit obtenu. L’intégration de machines ou/et de systèmes pour automatiser des processus opérationnels va influencer la conception des outils d’aide à la décision et les processus administratifs. Par exemple, l’installation d’un entrepôt automatisé va avoir un impact fort sur les ressources humaines qui devront organiser des équipes de travail en 3/8 pour rentabiliser l’investissement. Il faut aussi considérer que l’utilisation de machines implique la présence sur le site de ressources spécialisées pour réaliser les opérations de maintenance et la gestion d’un stock de pièces détachées parfois volumineux et coûteux.

Dans tous les cas, il faut bien considérer que l’automatisation physique des flux de marchandise est asservie aux résultats des traitements informatiques réalisés en amont. Par conséquent, l’optimisation potentielle d’un poste automatisé (trieur de préparation, transstockeur, carrousels de préparation, etc.), est directement conditionnée par l’aptitude du traitement informatique qui l’alimente à lui fournir un flux transactionnel linéaire et optimal, proche de la capacité maximale de la machine et synchronisé avec les autres éléments de la mécanisation installée. Le but ultime étant que chaque élément mécanisé soit utilisé à sa capacité maximale sans ralentir les autres éléments de l’installation. Le tout, pendant toute la durée d’utilisation considérée dans le calcul du ROI initial.

Dans certaines entreprises, les flux transactionnels sont variables ou évènementiels (saisonnalité, évènements, météo, modes, etc.). Dans ce cas, les flux transactionnels sont contraints par des pics d’activités qui doivent impérativement être considérés dans les critères de conception de l’installation. Certaines entreprises viseront une surcapacité de leur installation pour absorber les pics d’activités ce qui aboutira à un amoindrissement de la rentabilité de l’installation. D’autre choisiront une configuration moyenne et absorberont les pics avec l’aide d’un prestataire logistique. Mais une installation mécanisée est au mieux, strictement limitée à la capacité maximale de son élément le plus faible et en générale à la capacité maximale de l’ensemble de son organisation dans un contexte donné.

En conclusion, toutes les distributions ne se qualifient pas pour l’aventure du tout mécanisé. Prenez soin de bien étudier les contraintes et n’hésitez pas de profiter de l’expérience d’autres entreprises par le biais de visite, de conférence ou toutes autres opportunités de rencontre.

Richard Cochet
Directeur de projet, Groupe GCL
www.gclgroup.com


Groupe GCL Europe, Conseil logistique

13 avenue René Boylesve
75016 Paris
Internet : www.gclgroup.com


Ressources complémentaires

Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique
 

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