De ce séminaire organisé en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Rouen, et le CESI (École d’Ingénieur), on retire que la maîtrise du risque est une démarche globale de l’entreprise. Une première table ronde sur la sécurité et la sûreté dans l’entrepôt a montré qu’il ne suffit pas de disposer des moyens informatiques pour asseoir la sécurité et la sûreté de l’entrepôt. Il convient aussi d’informer les acteurs logistiques sur les bienfaits de la discrétion, et lancer une réflexion sur l’organisation des flux compte tenu de la sensibilité des produits. La maîtrise des risques a été ensuite étendue au cours d’une seconde table ronde, à toute la chaîne logistique intégrée.

D’emblée, Christian Herail, Président de la CCI de Rouen, rappelle que ce séminaire se déroule au coeur d’une région industrielle forte, comptant 47 entreprises Seveso. Une région où le domaine de la sécurité est traité très attentivement.

Deux définitions préliminaires :
1) La sûreté (en anglais : security) est l’ensemble des mesures de protection contre les actes de malveillance (vol, vandalisme, terrorisme). La sûreté correspond au maintien de l’ordre public.
2) La sécurité (en anglais : safety) regroupe les mesures de prévention et de secours contre les sinistres (risques naturels ou technologiques majeurs).

Pour sa part, Jean-Claude Bonnet, Directeur Général du groupe SAVE, indique que la commission de l’ASLOG qu’il préside : "Maîtrise des risques au sein de la chaîne logistique intégrée" est une jeune commission qui a vu le jour au début de l’année. Force est de constater de profondes mutations dans le monde moderne : l’évolution de la demande et des exigences des clients, l’accroissement de la concurrence, l’envolée du coût des carburants, la poussée des technologies de l’information, la contrainte de suivi et de traçabilité, l’évolution réglementaire liée à la sécurité, les retombées du Grenelle de l’environnement, la remise en cause du "100 % route", la mondialisation des échanges, la crise de l’offre, des approches de plus en plus transverses et matricielles entre fournisseurs, partenaires, la collaboration interentreprises entre confrères et clients... « Dans ce contexte, la création de richesse socialement utile constitue indiscutablement la raison d’exister de toute entreprise industrielle ou de toute entreprise de prestations de service. Mais toute prise de décisions s’inscrit dans un environnement incertain ». À l’évidence, le risque est indissociablement lié à l’activité humaine. Il est toutefois possible de réduire le degré d’incertitude qui en résulte par des procédures, du suivi, du contrôle. « Il est fondamental que chacun de nous accepte d’intégrer stratégiquement le risque dans sa démarche et dans son quotidien », insiste Jean-Claude Bonnet. Dès lors, l’entreprise qui se doit de gérer les biens matériels et immatériels, son capital humain et ses outils, son savoir-faire et son capital, doit également prendre en charge tout cet environnement.

Diverses réflexions s’offrent à nous pour se protéger contre le risque ? Transférer le risque à un tiers ? Eclater le risque en plusieurs risques plus petits ? Voire, éliminer le risque ? « Il n’y a pas, bien évidemment, de solution unique », dit Jean-Claude Bonnet, pour qui, « généralement, il y a lieu de mixer les solutions précédentes ». Il nous propose donc sa réflexion personnelle susceptible de faire l’objet d’échanges ultérieurs :
- Dans une "vision post-mortem" basée sur une logique de raisonnement juridique et financière afin de protéger un patrimoine majoritairement matériel (immobilier, équipements.), il convient de gérer les sinistres par l’externalisation du risque au travers de polices et de primes d’assurances.
- Dans une « vision anticipatrice », il convient d’entrer dans des logiques techniques, organisationnelles et comportementales venant s’ajouter aux aspects juridiques et financiers. Il s’agit de compléter les couvertures d’assurance par des dispositions (préventives et palliatives) en prenant conscience de l’intérêt d’internaliser certaines dispositions de maîtrise du risque, du fait de la nature et de l’ampleur des préjudices redoutés.
- Enfin, l’entreprise devrait intégrer une « vision stratégique » consistant à cartographier les risques "bruts", les évaluer, proposer les meilleures stratégies de maîtrise des risques. À cet effet, l’entreprise pilote ses risques et les niveaux de maîtrise résultant de la mise en oeuvre de ses plans d’action.

Tout ceci incite Jean-Claude Bonnet, à conclure que « la maîtrise des risques au sein de la chaîne logistique intégrée est une démarche de différenciation, mais aussi et surtout, un projet d’entreprise ».

A voir également :

Table ronde n° 1 : Sécurité et sûreté dans l’entrepôt
Table ronde n° 2 : La maîtrise des risques dans la chaîne logistique intégrée

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